Menuisier auto-entrepreneur : statut, tarif horaire, décennale et premiers clients

Menuisier en briques devant son atelier, dossier en main

La question que tout le monde tape avant de se lancer

« Menuisier auto-entrepreneur », « tarif horaire menuisier auto-entrepreneur », « assurance décennale menuisier » : ce sont les trois recherches des menuisiers qui quittent le salariat, dans cet ordre. Le statut d’abord, le prix ensuite, l’assurance quand le premier client demande l’attestation. Ce guide les prend dans l’ordre où il faut les traiter : l’assurance avant le premier devis, le prix avant le premier appel, et les clients avant de manquer de trésorerie.

Il s’adresse au menuisier qui a le métier (CAP, BP ou dix ans de chantier) et pas encore l’entreprise. Il ne remplace ni l’expert-comptable ni l’assureur ; il vous dit quoi leur demander.

Micro-entreprise ou société : lequel pour un menuisier ?

La micro-entreprise (ce qu’on appelle encore auto-entrepreneur) convient pour démarrer seul, avec peu de fournitures et des chantiers de pose ou de petit agencement. Elle cesse de convenir dès que vous achetez beaucoup de matière, que vous embauchez, ou que vous dépassez les plafonds.

CritèreMicro-entrepriseEURL ou SASU
Plafond de chiffre d’affairesPrestations de services artisanales : 83 600 € ; activité mixte (fourniture + pose) : 203 100 € dont 83 600 € de services (seuils 2026-2028)Aucun
Cotisations socialesPourcentage du chiffre d’affaires (21,2 % sur les prestations artisanales en 2026, plus 0,3 % de contribution à la formation), sans déduction des achatsSur la rémunération ou les dividendes, achats déductibles
TVAFranchise jusqu’au seuil de services (37 500 € de prestations en 2026) : vous ne facturez pas la TVA, mais vous ne la récupérez pas sur le bois et les menuiseriesTVA facturée et récupérée
ComptabilitéLivre des recettes, compte bancaire dédiéBilan annuel, expert-comptable recommandé
Piège du menuisierLes fournitures (fenêtres, panneaux, quincaillerie) passent dans le chiffre d’affaires et sont taxées comme si c’était de la margeCapital, formalités, coût comptable
Bon usagePoseur, petit agencement, démarrage seulFabrication en atelier, fournitures importantes, embauche

La règle simple : si la matière représente plus d’un tiers de vos devis (fenêtres fournies et posées, cuisines), la micro-entreprise vous fait payer des cotisations sur ce que vous achetez. Faites le calcul avec un expert-comptable avant d’immatriculer, pas après. Dans tous les cas : immatriculation au répertoire des métiers, qualification professionnelle exigée pour les travaux de bâtiment.

Quel tarif horaire pour un menuisier à son compte ?

Fourchettes constatées en octobre 2026 (elles varient selon la région) : 40 à 70 € TTC de l’heure pour la pose et les petits travaux, 50 à 85 € pour l’agencement et l’ébénisterie, davantage en Île-de-France et sur la Côte d’Azur. Les sites de devis publient 35 à 60 € : ce sont les prix de ceux qui ne tiennent pas trois ans.

Comment calculer le vôtre, en quatre lignes

  1. Le revenu net que vous voulez par an, charges sociales comprises : par exemple 30 000 € net, soit environ 42 000 € de marge nécessaire en micro-entreprise.
  2. Vos frais fixes : camion, assurance décennale, outillage, téléphone, site, comptable, atelier. Rarement moins de 12 000 € par an.
  3. Vos heures facturées : pas 1 800, mais 1 100 à 1 300 par an une fois retirés les devis, les métrés, les trajets, l’administratif et les semaines creuses.
  4. (42 000 + 12 000) / 1 200 = 45 € HT de l’heure minimum. En dessous, vous travaillez pour votre camion.

Vendez au forfait, pas à l’heure. Le client ne veut pas acheter des heures, il veut un dressing posé à un prix connu. Le taux horaire sert à construire le devis, pas à l’afficher. Sur le site, affichez des prix « à partir de » par ouvrage (pose de fenêtre, placard sur mesure, porte d’entrée posée) : c’est ce que le client tape dans Google, et c’est ce qui le fait appeler.

PostePar an (exemple)
Revenu net visé + cotisations42 000 €
Frais fixes12 000 €
Heures facturées1 200
Taux horaire minimum HT45 €

La décennale est-elle obligatoire pour un menuisier auto-entrepreneur ?

Oui, dès que vous touchez au bâti : pose de fenêtres, de portes, de volets, d’escaliers, de parquets, de cloisons, de terrasses. La garantie décennale couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Elle doit être souscrite avant le premier chantier, et son attestation figure sur chaque devis et chaque facture. Un meuble libre n’en relève pas, mais la plupart des menuisiers font les deux.

AssuranceObligatoire ?Coût constaté (octobre 2026)Ce qu’elle couvre
Responsabilité civile décennaleOui pour les travaux de bâtiment850 à 2 500 € par an en micro-entreprise selon le chiffre d’affaires, les activités déclarées et l’expérience ; souvent autour de 850 à 1 000 € pour un poseur qui démarre (tarifs 2026 constatés chez les courtiers)Dommages à l’ouvrage pendant 10 ans
Responsabilité civile professionnelleFortement recommandée, souvent incluse150 à 400 € par anDégâts causés chez le client pendant le chantier
Parfait achèvement et biennaleLégales, sans contratIncluses dans vos obligationsDéfauts la première année ; équipements dissociables 2 ans
Camion et outillageCamion : ouiVariableVol, accident

Ce que l’assureur va vous demander : diplôme ou justificatif d’expérience (3 ans minimum chez un menuisier assuré facilite tout), liste précise des activités (déclarez tout ce que vous ferez : un sinistre sur une activité non déclarée n’est pas couvert), chiffre d’affaires prévisionnel, sous-traitance ou non. Comparez trois devis, lisez les exclusions, et vérifiez que la pose de menuiseries extérieures est bien nommée : c’est l’activité la plus sinistrée du métier.

Pourquoi c’est aussi un argument de vente : « assurance décennale menuisier » est tapé 100 fois par mois, en partie par des clients qui vérifient. Affichez l’attestation sur le site, le nom de l’assureur sur le devis, et répondez à la question avant qu’on vous la pose.

Comment trouver ses premiers clients sans plateformes ni commissions ?

Les plateformes de devis vendent le même contact à trois ou cinq artisans, entre 20 et 80 € le contact, et le client choisit le moins cher. Elles dépannent un mois, elles ne construisent rien. Les cinq canaux qui construisent, pour un menuisier :

1. Google en direct. Fiche Google Business complète le jour de l’immatriculation : catégorie « menuisier », zone, horaires, 20 photos de chantiers, description qui dit quel menuisier vous êtes. Puis un site avec une page par ouvrage et des prix « à partir de » : c’est là que tombent les 4 400 recherches mensuelles de « menuisier autour de moi » et les 15 000 de « dressing sur mesure ».

2. Le bouche-à-oreille organisé. À la fin de chaque chantier : une photo avant / après envoyée au client, une demande d’avis Google avec le lien direct, et une carte « un voisin a un projet ? ». Un chantier content en appelle un autre seulement si vous le demandez.

3. Les partenaires. Les architectes d’intérieur, les cuisinistes qui ne posent pas, les agents immobiliers, les maîtres d’œuvre, les magasins de parquet et de quincaillerie, les autres artisans (plaquiste, électricien, peintre) qui voient vos chantiers avant vous. Un café par semaine avec l’un d’eux vaut un mois de plateforme.

4. Le quartier. Le camion marqué et propre, la bâche de chantier avec le numéro, le flyer dans les 30 boîtes aux lettres autour de chaque chantier. Le menuisier est un métier de proximité : le prochain client habite à 300 mètres.

5. Les clients existants. Un fichier simple (nom, commune, ouvrage, date). Un message par an : entretien des fenêtres bois, nouvelle aide, nouvelle prestation. Un dressing appelle une cuisine deux ans plus tard.

Plan 90 jours

  1. Semaine 1 : décennale signée, fiche Google créée, camion marqué, 20 photos en ligne.
  2. Semaines 2 à 3 : site en ligne avec 3 pages ouvrages et des prix « à partir de », numéro cliquable.
  3. Semaines 2 à 6 : un rendez-vous partenaire par semaine (cinq au total).
  4. Chaque chantier : photo, avis, carte voisin, flyer autour.
  5. Semaine 8 : premier message aux clients livrés.
  6. Semaine 12 : tableau coût par chantier et arrêt de ce qui ne rapporte pas.

Comment savoir ce qui vous rapporte vraiment des chantiers ?

Trois outils gratuits suffisent : la fiche Google (appels et itinéraires par mois), le téléphone (demandez à chaque appelant comment il vous a trouvé), et un tableau de six colonnes.

CanalCoût du trimestreContactsDevisChantiers signésCoût par chantier
Fiche Google + site
Bouche-à-oreille et avis
Partenaires
Quartier (camion, flyers)
Clients existants
Plateforme (si testée)

Au bout de 90 jours, le canal dont le coût par chantier est le plus bas reçoit le temps des autres. Chez la plupart des menuisiers que nous accompagnons, c’est Google en direct, suivi des partenaires.

Ce que fait Au Niveau

Au Niveau livre aux menuisiers qui se lancent un site prêt à faire appeler : une page par ouvrage, des prix « à partir de », une fiche Google optimisée, le numéro à portée de pouce, et un modèle vendu une seule fois avec ses couleurs et ses polices. En ligne en 10 jours ouvrés, textes compris. Voir les modèles du moment et réserver un appel de 20 minutes.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour s’installer menuisier ?

Oui : un CAP, un BP ou trois ans d’expérience dans le métier sont exigés pour les activités de bâtiment réglementées. L’assureur décennale le demandera aussi.

Quel chiffre d’affaires peut faire un menuisier auto-entrepreneur ?

Entre 40 000 et 80 000 € la plupart du temps, le plafond de services (83 600 €) étant vite atteint quand on fournit la matière. Au-delà, le passage en société devient plus rentable.

Puis-je facturer la fourniture des fenêtres en micro-entreprise ?

Oui, mais elle entre dans votre chiffre d’affaires et vos cotisations se calculent dessus. Beaucoup de poseurs font acheter les menuiseries directement par le client au départ.

Combien coûte la décennale la première année ?

Souvent entre 850 et 2 500 € selon les activités déclarées et votre expérience justifiée (tarifs 2026 constatés chez les courtiers).

Les plateformes de devis sont-elles à éviter complètement ?

Non, elles peuvent remplir un mois creux. Mais elles ne doivent jamais être votre première source : le contact est partagé, le client compare au prix, et rien ne reste quand vous arrêtez de payer.

Faut-il un site dès le début ?

La fiche Google d’abord, le site dans le premier mois. Sans site, la fiche renvoie vers rien, et les clients qui cherchent « dressing sur mesure + ville » ne vous trouvent pas.

À lire ensuite

À lire ensuite : Menuisier RGE : obtenir la qualification et en faire des chantiers · Logo menuiserie : 23 exemples pour sortir du rabot et du copeau · S’installer couvreur

Guide publié le 6 octobre 2026. Les chiffres cités (volumes de recherche, prix constatés, montants réglementaires) sont ceux d’octobre 2026 et sont revus chaque année.

Image de Camila Lopes Masetti

Camila Lopes Masetti

Ingénieure bâtiment diplômée de l'ESTP Paris et de l'USP de São Paulo, formée à la direction artistique à la Miami Ad School et au code à l'École 42. Fondatrice de trois agences de communication avant Au Niveau, l'agence web et branding du bâtiment et de la construction.

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